Interview de Bruno de Roux, chargé de référencement

Après les interviews d’étudiant de la promotion en cours et celle d’Hervé Zobenbiehler, professionnel intervenant au sein de la licence, la série d’interviews continue. Cette fois-ci c’est un ancien étudiant qui a accepté de jouer le jeu : Bruno de Roux. Au travers de cette interview, Bruno de Roux va nous présenter son parcours, son expérience en tant que référenceur et ses conseils.

Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore et nous décrire ton parcours ?

Bruno de RouxComme beaucoup de gens issus de cette formation, j’ai un parcours un peu atypique. Après avoir obtenu un baccalauréat STAE (Sciences et Technologies de l’Agronomie et de l’Écologie) en 2000, je me suis trompé de voie une ou deux fois avant d’atterrir à la faculté de Mulhouse. Il m’a ensuite fallu 5 ans pour obtenir une licence d’histoire.

Je me destinais alors à une carrière dans l’éducation nationale, mais les concours d’entrée demandaient beaucoup plus de travail que je ne voulais ou pouvais en fournir. Après plusieurs années à faire le surveillant dans un collège de ZUP Mulhousienne, je suis allé vivre une année en Écosse, suivi d’une autre année en Australie où j’ai, entre autres, enseigné le français en tant que langue étrangère.

Quand as-tu découvert le référencement et qu’est ce qui t’as poussé à t’y intéresser ?

En rentrant en France, je savais qu’il me faudrait d’une façon ou d’une autre retourner à l’école. Un ami proche au parcours universitaire similaire au mien venait juste de sortir de la première promotion de la licence et ce qu’il me racontait de son métier m’intéressait.

Tu as suivi cette licence l’an dernier, qu’est-ce qui t’as attiré dans cette formation ?

Cette licence m’a notamment intéressé pour la mise en œuvre de compétences rédactionnelles alliées à des connaissances techniques et une curiosité nécessaire. Pouvoir suivre le cursus en contrat de professionnalisation était aussi une condition sine qua non à mon entrée dans la profession. J’avais alors 28 ans et ne pouvais me permettre une année sans ressource.

Il me semble que tu étais en alternance, regrettes-tu ce choix ou te semble-t-il plus adapté que la formation initiale ? Quels avantages retiens-tu de l’alternance ?

Dans mon cas, l’alternance était obligatoire. J’avais déjà 28 ans en intégrant la licence et je ne pouvais pas me priver d’un vrai salaire. Et je n’avais ni l’envie ni la patience de retourner suivre des cours pendant plusieurs mois consécutifs. Le rythme de l’alternance était idéal, il me manque même parfois. Il permet aussi, mais c’est un poncif du genre, d’appliquer de façon très réelle les connaissances acquises en cours.

Il m’a aussi permis de vivre des expériences incroyables puisque j’ai eu la chance d’aller travailler à Shanghai pour exposer, avec des partenaires locaux, une stratégie de communication sur les réseaux sociaux chinois lors d’une compétition pour un très grand groupe de luxe français. Rien que pour ça, je ne regrette rien. Mais même sans ça, je n’ai rien à regretter.

Avec un peu de recul, quelles sont tes impressions sur la licence ?

C’est une formation intelligente mais un peu bâtarde. Les profils des étudiants recrutés sont très dissemblables et c’est bien sûr une grande force ; on fait des rencontres très enrichissantes avec des gens aux expériences différentes. Ces différences amènent également les cours dispensés à n’être que des introductions et il faut faire preuve de curiosité et d’envie pour approfondir ses connaissances dans un domaine particulier. Tous les cours proposés ne présentent pas non plus le même intérêt pour tous les étudiants et il faut parfois faire preuve d’un peu de patience.

Tu es actuellement à Advisa, quelles sont tes missions au quotidien en tant que chargé de référencement ?

Les missions qui me sont confiées sont nombreuses et variées, je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Elles se distribuent entre le chiffrage de prestation avec les consultants, la gestion de projets de référencement, de gestion de comptes de liens sponsorisés, de community management, l’exécution des tâches aussi… J’ai, au sein de la société, une position de franc-tireur : un peu chef de projet, un peu ressource, un peu consultant…

J’interviens idéalement à différentes étapes de la vie d’un projet mais ça n’est pas toujours évident. Je dois par conséquent sensibiliser les différents acteurs (designers, développeurs, chefs de projet) aux enjeux et aux contraintes du référencement pour qu’ils acquièrent un maximum d’autonomie sur ces problématiques. C’est un métier où l’on doit être fin pédagogue, avec nos clients comme avec nos collègues et partenaires.

Tu comptes poursuivre en tant que référenceur ou est-ce que la rédaction web et le community management font partie des domaines qui t’intéressent également ?

La rédaction Web est passionnante, c’est ce que je préfère mais c’est très chronophage et je pense qu’en agence il est difficile, voire impossible d’aller au-delà d’un rôle d’accompagnement du client ou de son rédacteur (rebonjour la pédagogie). C’est sûrement différent chez l’annonceur où l’on a peut-être plus de temps à accorder à la création de contenu. Et c’est dommage car c’est un levier majeur de toute stratégie de référencement un peu solide.

Le community management est aussi très intéressant mais j’ai découvert avec l’expérience que c’était un métier à part entière et qu’il est bien plus efficace et réactif quand il est réalisé en interne. Et là, notre rôle serait plus celui de l’accompagnateur ou du formateur (encore). Je sais aussi que ça n’est pas toujours possible, ni même souhaitable. Toutes les entreprises n’ont pas forcement leur place sur les réseaux sociaux.

D’après toi, en quelques mots, quels sont les enjeux d’un bon référencement ?

S’ils diffèrent en fonction de la nature du site pour lequel on travail, les enjeux d’un bon référencement sont selon moi assez simple à percevoir : c’est la quantité et la qualité de la visibilité que l’on souhaite, que l’on peut et qu’on finit par acquérir sur le Web, toutes plateformes confondues (moteurs de recherche, réseaux sociaux, etc). Mais les stratégies à mettre en oeuvre, la diversité et le caractère parfois très volatile ou intangible ou éphémère des stratégies, contraintes, règles ou usages auxquelles on fait face quotidiennement sont beaucoup plus complexes que les enjeux qui y sont liées. Et c’est ce dynamisme qui rend le métier passionnant.

Et pour finir, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le référencement ?

Je peux résumer tous les conseils que je pourrais donner à un seul : rester à l’écoute. Rester à l’écoute du milieu en faisant une veille régulière et renouvelée ; rester à l’écoute de ses clients qui connaissent leurs produits, leurs services et leurs cibles et rester à l’écoute de ses collègues, collaborateurs ou partenaires. C’est de cette écoute que dépend la qualité, dans la durée, des conditions de travail et des résultats que l’on obtient. Il me semble que le reste peut venir avec le temps.

Référenceur & rédacteur web de la promo 2011/2012. Actuellement référenceur dans une agence de communication à Nice.

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